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L’eau

L’histoire de l’eau en milieu rural atteint un tournant au XIXe siècle avec l’augmentation significative de la population et la prise de conscience de la nécessité de salubrité publique, entraînant un besoin d’accès à une eau exempte de tout germe. Cet état de fait va alors avoir un impact sur la mise à disposition de lieux pour laver le linge, les lavoirs, et d’une eau pure et abondante à la portée de tous.

Les Lavoirs et les Fontaines.

Les premiers édifices construits sur la commune et qui ont perduré jusqu’à nous sont les serves. Alimentées par les trop-pleins de sources, elles ont l’avantage de servir de réserve d’eau à une époque où les incendies n’étaient pas rares. Quatre d’entre elles, toujours présentes actuellement, sont situées à proximité des habitations et ont pu jouer un rôle mineur dans l’utilisation domestique de l’eau. Il s’agit des serves des Verts, de Cher, du Mas et de la Faye.

Serve de Cher

Dans les deux premiers cas, la serve est située en contrebas des habitations, ce qui témoigne de son caractère agricole. Pour Cher, la présence d’une fontaine dans le hameau dont le trop-plein alimente la serve rend l’utilisation de celle-ci uniquement à des fins agricoles très vraisemblable.

Fontaine de Cher

C’est donc tout naturellement que parallèlement à la création des serves, se sont mises en place des fontaines dans les différents hameaux de la commune. Actuellement 14 des 23 hameaux aujourd’hui habités ainsi que le bourg sont pourvus d’au moins une fontaine (deux pour les Deux Frères). La quasi-totalité de ces fontaines n’est pas datable car aucun document dans les archives départementales ou communales ne fait mention de leur création. Seules trois fontaines sont actuellement datées. La fontaine haute des Deux Frères où l’on trouve l’inscription « 1904 FJ » gravée sur la pierre de tête d’où sort le tuyau d’alimentation existait antérieurement. En effet, un projet de réparation daté du 20 mars 1904 nous renseigne que « depuis longtemps les habitants se plaignent de la pénurie des eaux qui alimentent le village. En été les sources sont presque à sec et en hiver par suite de l’altitude qui est de l000 m les fontaines sont d’un ouvrage peu commode et même impossible par les grandes neiges. Afin d’améliorer l’état de choses existant, les habitants ont résolu d’ouvrir une souscription afin de se créer des ressources et ont chargé le soussigné d’établir un devis des travaux à exécuter  ». Celui-ci s’élève à un montant de 820 francs couvert pour 500 francs par une souscription publique regroupant 22 donateurs sur les 25 familles habitant le hameau à l’époque.

Fontaine Haute de Deux Frères

Le manque crucial d’eau de ce hameau, situé sur une crête, rendra par contre impossible toute réalisation d’un lavoir, gourmand en eau courante.

La première mention d’un lavoir déjà existant concerne le hameau du Cluel. En 1887, une querelle envenime les relations entre les habitants comme le montre un courrier adressé à Monsieur le Sous-Préfet d’Ambert à qui « les soussignés ont l’honneur d’(e vous) exposer : Qu’au milieu du village du Cluel, commune d’Echandelys Canton de Saint Germain l’herm, arrondissement d’Ambert existait un réservoir servant de lavoir et d’abreuvoir ayant 4 mètres 50 centimètres de longueur, 2m75 de largeur et 0m60 centimètres de profondeur. Que l’an dernier, courant juin, plusieurs habitants ont voulu le réparer et agrandir sans le consentement de tous les autres, en sorte qu’aujourd’hui ce réservoir à 7m80 en longueur 4m25 en largeur et 1m25 en profondeur . Que depuis cette époque il arrive des accidents presque journels , les bêtes à corne grosses et petites et porcs s’y laissent tomber sans pouvoir en sortir d’eux mêmes, si ce n’est au moyen de cables et d’une dizaine de personnes. Que l’élargissement du réservoir a été enlevé a un chemin d’exploitation ayant à cet endroit un tournant très mauvais en sorte que par suite du rétrécissement du chemin l’on ne peut tourner un chard qu’avec beaucoup de précaution, sans quoi tout irait dans le réservoir. Qu’en réhaussant la chaussée du réservoir de trente centimètres environ et ayant de l’autre côté le four banal le chemin forme aujourd’hui berceau et en supprimant, comme l’on a fait, une rigole qui déversait les eaux pluviales venant de plus de deux kilomètres de loin en pente très rapide, au derrière de la bonde, il arrive maintenant que les eaux s’écoulent au travers du chemin, le dégradent et arrivent jusque dans les écuries des propriétaires se trouvant au-dessous, d’autant plus qu’il est déjà arrivé plusieurs fois que sans la surveillance des propriétaires, ils auraient trouvé leurs bestiaux inondés. Que plainte a été faite auprès de Monsieur le Maire pour le charger de faire arranger le tout convenablement, il avait d’abord promis, mais voyant que bientôt un an allait s’écouler, les intéressés lui en ont causé de nouveau et il a répondu qu’il ne voulait pas s’en occuper et que les habitants pouvaient le faire entre eux. En vue de tous les inconvénients, dégradations et accidents signalés et autres pouvant arriver, de la profondeur donnée au réservoir soit d’Ambert soit de Saint Germain l’herm n’étant que de 0m60 à 0m70 de profondeur les soussignés confiants en votre sage surveillance et prévoyance pour tout ce qui concerne votre mandat si fidèlement rempli, osent espérer, Monsieur le Sous-Préfet, que vous donnerez satisfaction à la présente demande ayant une cause d’intérêt publique tant pour la profondeur du réservoir, que pour la nouvelle création de la rigole supprimée et l’élargissement du chemin ».

Aussi, la situation sanitaire de l’eau « potable », malgré les progrès de l’hygiénisme à la fin du XIXe siècle avec la découverte des bactéries pathogènes, n’est pas pour le moins optimale en ce début de XXe siècle. Au Moulin de Géry, il n’existe qu’une seule fontaine située tout en bas du hameau et qui nécessite des réparations urgentes avec en particulier réfection du bac comme en témoigne une convention datée du 4 décembre 1904 passée entre les habitants du village . Les travaux seront réglés par le prix de la location de l’ancien moulin banal. Ceux-ci ont-ils été exécutés ? Toujours est-il que rapidement, cette seule fontaine devient insuffisante aux besoins de la population et le 20 décembre 1908, le conseil municipal de la commune d’Echandelys approuve le nouveau projet de captation des sources et la création de trois fontaines « considérant que le dit village est dépourvu d’eau, tant pour les besoins du ménage que pour l’abreuvage du bétail, que l’unique fontaine existant actuellement est très éloignée de la majeure partie des habitations, qu’au moment de l’abreuvage du bétail il est impossible d’éviter les encombrements et que de graves accidents peuvent en résulter, considérant qu’en cas d’incendie la section se trouverait absolument dépourvue d’eau et qu’il serait impossible de combattre le fléau » .

Bac de fontaine ancien situé au bas du Moulin de Géry, près de l’ancien moulin.

Une souscription des habitants permet de réunir la somme de 710 francs à laquelle s’ajoute le produit de la vente de l’ancien moulin soit 491,91 francs ce qui donne un total de 1201,91 francs. Le solde fait l’objet d’une demande de subvention de 500 francs à la commission départementale pour parfaire la différence. Celle-ci a dû être refusée en partie car le 5 février 1909, une souscription supplémentaire récolte 200 francs . Un traité de gré à gré reproduit ci-dessous est conclu avec un entrepreneur habitant le hameau même et le 5 juin 1909 est signé le procès-verbal de réception définitive des travaux . Nouveau rebondissement, l’hiver suivant apporte son lot de complications. «  Les habitants du village du Moulin de Géry se plaignent de ce que l’abord des nouvelles fontaines construites dans le courant de l’été dernier est d’un accès difficile par suite de la déclivité du terrain, le village étant situé à flanc de coteau, que l’eau qui s’échappe des bacs forme, par ces temps de fortes gelées, une nappe de glace en avant de chacun d’eux et que des accidents graves peuvent en résulter, tant pour les personnes qui y viennent puiser de l’eau que pour le bétail que l’on y vient abreuver. Il y aurait dont lieu d’aménager en avant de chaque fontaine, par l’apport de matériaux et l’établissement d’un pavage en pierre, une plate-bande d’une certaine étendue, pour parer à cet inconvénient  » . Les nouveau travaux, exécutés par voie de régie et dont le coût s’élève à la somme de 200 francs, seront à nouveau financés par des fonds provenant de l’adjudication de l’ancien moulin du hameau.

A peu près à la même période, les habitants de Parel décident de rapprocher la fontaine du village et de la placer au Petit Coudert et de construire un réservoir qui outre le rôle de réserve à incendie, servira aussi de lavoir. Le sieur Joseph Chalimbaud-Fargette propriétaire à Parel déclare alors que pour profiter du trop plein de la dite fontaine, il prenait à sa charge la conduite de la fontaine au lieu dit et toutes les dépenses de fouilles, d’installation, de bac et d’entretien et qu’il ferait construire le lavoir à ses frais dans de bonnes conditions de solidité et d’aisance, qu’il se chargerait de l’entretien du dit lavoir comme de celui de la fontaine, mais que si les habitants voulaient l’abriter et le couvrir, les murs d’abri et le couvert serait à la charge de tout le village. En 1906, rien n’est encore réalisé si ce n’est le devis des travaux (le sieur Chalimbaud s’est retiré de l’affaire), les travaux s’élevant à la somme de 1130 francs lavoir couvert compris . Une telle réalisation s’impose en effet lorsqu’une description de l’état antérieur nous est fournie par une délibération du conseil municipal en date du 25 mars 1906 qui nous apprend que « les habitants de Parel, commune d’Echandelys ont l’intention : 1e de déplacer leur fontaine qui est à plus de 250m du village, exposée au froid et à la tourmente en temps de neige, et de la placer à proximité des maisons dans le communal dit le petit coudert  ». Une souscription permet de récolter huit cents francs et la collectivité obtient une subvention de trois cents francs de la commission départementale. Un traité de gré à gré est signé le 16 juin 1907 avec Mr Derrode, habitant de Parel qui a rabattu de 31 francs le prix du devis . Le procès-verbal de réception définitive des travaux sera réalisé le 02 août 1907 . Parel a depuis perdu son bac en granit, mais en 1998, un nouveau bac en bois a été mis en place devant le lavoir, témoin du savoir-faire ancestral des premiers bacs-fontaines du Livradois. C’est le seul bac en bois encore présent sur la commune.

Enfin, la situation est encore plus désespérée à Fiosson où la salubrité publique n’est plus du tout assurée. Le 24 mars 1912 une délibération du conseil municipal de la commune d’Echandelys constate que «  les habitants du village de Fiosson sont dépourvus d’eau potable, que l’unique source servant aux besoins du village est située à 150 mètres de ce dernier, n’est pas captée, que l’eau servant à la consommation est puisée dans un trou servant également d’abreuvoir au bétail et qu’elle est constamment souillée par des impuretés de toutes sortes. Pour remédier à ces inconvénients les habitants du village de Fiosson ont décidé de capter et de conduire dans leur village cette source située sur un terrain communal et de construire en même temps un lavoir couvert qui servirait de réservoir d’eau pour le cas d’incendie  ». Après de nombreuses péripéties, un devis est enfin réalisé en 1911. Le total de la dépense s’élève à 1560 francs. Une souscription datant de mars 1912 a permis de récolter de quatre souscripteurs seulement la somme de 1260 francs . Le procès-verbal de réception définitive des travaux est signé le 19 janvier 1914. Les travaux ont été effectués par Antoine Pilleyre, maçon à la Parade, commune d’Echandelys.

Puis progressivement, les derniers lavoirs de la commune vont se mettre en place au cours du XXe siècle. Il s’agit tout d’abord de celui du Mas pour lequel une délibération du conseil municipal nous renseigne fortuitement des péripéties de sa construction. Les habitants du hameau, ayant vraisemblablement remarqué qu’aucune aide communale n’avait été octroyée pour la construction de ce type d’édifice, ont décidé de se débrouiller tous seuls en finançant leur réalisation par la vente d’une coupe de leur forêt sectionale. C’était sans compter sur les tracas administratifs et à cette occasion, le 16 août 1934, « Monsieur le Maire donne lecture à l’assemblée d’un rapport établi par M. le Conservateur des Eaux et Forêts à la suite d’irrégularités commises par un certain nombre d’habitants du hameau du Mas dans les communaux de ce village. Il indique d’autre part, que avec le produit de la vente de la coupe des arbres dans ces communaux, les intéressés ont procédé à la construction d’un lavoir. Le Conseil, Considérant que cette construction était d’une nécessité absolue. A l’unanimité des membres présents. Décide qu’il y a lieu d’inviter les intéressés à présenter un compte indiquant d’une part le produit de la vente de 50 pins, d’un volume de 23 mètres cubes environ, et d’autre part les dépenses engagées pour la construction du lavoir. Le reliquat sera porté en compte au budget sous la rubrique : Produit des communaux du Mas. Et si dans l’avenir il se produit des recettes de ce genre, elles seront versées au Receveur municipal, et pourront être employées à des améliorations à apporter dans ce village » . Comme on a pu s’en rendre compte pour le financement des lavoirs précédents, les différents hameaux possédaient donc une liberté toute relative certes, mais une liberté de réalisation en raison d’un financement propre de ces infrastructures, le budget communal étant déjà suffisamment mis à mal par les dépenses courantes (église, école, chemin entre autres).

A la Foresterie , la réfection de la conduite en 1935 est décidée par les habitants du hameau afin de fournir l’eau courante à toutes les habitations. Il s’agit de la première alimentation complète en eau courante d’un groupe d’habitations de la commune d’Echandelys. Les travaux, décidés et commencés en 1934 et comportant en outre la mise en place d’une nouvelle vanne de régulation dans le socle de la croix de fontaine, doublent la capacité de rétention de la fontaine en ajoutant à l’ancien bac monolithique de 2m40 de longueur un bac en ciment de 3 mètres de longueur. C’est de cette époque que date le plus beau lavoir du territoire communal, couvert, ouvert au sud et fermé par ses trois autres côtés. Il comporte à l’est une porte d’accès surmontée d’une croix intégrée dans le mur ainsi que l’inscription « 1935 » datant le bâtiment.

La dernière réalisation d’un lavoir sur le territoire communal est certainement celle des habitants du hameau de Chabreyras. Un document non daté, correspondant vraisemblablement au début du XXe siècle, nous décrit « que l’état des canalisations de la fontaine publique du village de Chabreyras fait que part suite de l’infiltration de l’eau de pluie ou de la fonte des neiges, l’eau actuelle est impropre à la consommation. De ce fait il est de toute nécessité que des réparations soient exécutées. D’autre part ce village ne possède aucun lavoir ou réservoir d’eau en cas d’incendie ». Le devis s’élève à 19 900 francs (dont 3 500 francs financés par les habitants et la municipalité) mais les travaux d’abord prévus en 1939 compte tenu de l’obtention d’une subvention départementale n’ont pas du être réalisés car le 04 juillet 1943 « Mr le Président (du conseil municipal) expose à l’assemblée que la subvention de 4.000fs allouée par le département en 1939 pour la fontaine de Chabreyras, n’a pas été employée dans le délai imparti par le décret loi du 30 juin 1934 et que le reliquat est à reverser à cette collectivité. Le Conseil délibère : Considérant que le budget primitif de 1943 n’ayant pas de crédit nécessaire à cet effet Décide qu’il y a lieu d’ouvrir un crédit de 4000fs qui sera porté sur le budget additionnel de 1943 afin de pouvoir ordonnancer cette dépense au plus tôt » , en raison des évènements. C’est seulement en 1946 que la captation de nouvelles sources a eu lieu avec réalisation d’une réserve d’eau maçonnée en béton comportant sur trois mètres de son mur nord-ouest un pan incliné permettant son utilisation comme lavoir. Cette réserve d’eau ne sera jamais couverte.

L’adduction d’eau du bourg.

Les Archives Départementales possèdent sous la cote 2O 142 un document correspondant à in acte notarié passé en 1909 et correspondant à un accord entre les habitants du bourg d’Echandelys afin d’assurer l’approvisionnement en eau courante.
Une souscription ouverte à cet effet rapporte alors 10.780 francs (dont 1000 francs donnés par la commune et 7000 francs par le marquis des Roys). Il s’agit donc d’une affaire essentiellement privée même si l’accord est visé par le préfet en 1911.
Cet accord prévoit :
L’achat d’une source aux époux Chevarin Montméat dans un pré appelé la Font du pra (parcelle C 83) pour une somme de 500 francs.
Le droit de passage de la conduite à travers les propriétés privées pour rejoindre le bourg donnant lieu à une indemnité variant de 20 à 25 centimes le mètre linéaire de propriété traversée.
La réparation de la fontaine de la place principale du bourg avec mise en place de 3 jets fluant en permanence. La fontaine du bourg

La mise en place de deux autres fontaines l’une sur la place du Suquet, l’autre dans la partie haute du bourg, ainsi que l’installation d’une borne fontaine située à l’intersection des routes de Cunlhat, Sauxillanges et Ambert et de trois bouches d’incendie disséminées dans le bourg.

Les principaux souscripteurs se partagent ensuite une partie du débit de la source captée à savoir le marquis des Roys qui recueille 25.000 litres d’eau par jour à répartir entre son château et sa métairie de l’Anglade, à la commune d’Echandelys par l’installation d’une fontaine située sous le bâtiment de la mairie-école, donnant un débit continu de 6 litres à la minute. Les trop-pleins sont répartis entre différents habitants moyennant une somme forfaitaire allant de 100 à 150 francs.
De plus le marquis des Roys cède un emplacement dans un pré appelé la Réserve (E 1252 du cadastre) afin de créer un lavoir à condition de récupérer le trop plein de ce dernier. Lavoir du bourg
Enfin, il est prévu d’installer chez 9 particuliers avec latitude de le faire ultérieurement chez toute personne qui le souhaiterai, un robinet directement dans leur propriété aux conditions de mettre un compteur, et de payer tous frais de raccordement entre la conduite principale et ledit robinet. L’eau est alors facturée 20 centimes le m².
Cet accord est intéressant à plusieurs titres. En dehors du fait qu’il traduit une augmentation à la fois de la population et de la demande en eau par habitant, il est rendu possible par l’amélioration des techniques. le prix de la fonte est divisé par 2 entre 1800 et 1825 et un nouveau système de coulage permet de diminuer et de rendre plus uniforme l’épaisseur des tuyaux en multipliant par 2 leur longueur. Le prix du tuyau au mètre linéaire est alors divisé par 20 ce qui permet son utilisation en milieu rural où de grandes longueurs sont nécessaires.

Ces avancées techniques permettent non plus la réalisation de lignes d’alimentation comme auparavant mais de véritables réseaux d’adduction d’eau. Le schéma d’approvisionnement en eau potable du bourg est intermédiaire entre la ligne de conduite unique et le réseau extrêmement ramifié que nous connaissons aujourd’hui.
Reste le problème de l’organisation juridique de l’accord qui possède bien des incohérence comme en témoigne la lettre de l’ingénieur en chef de la préfecture du Puy-de-Dôme du 27 octobre 1910 : L’adduction d’eau projetée sera exécutée non par la commune mais par une association de la totalité des habitants du bourg d’Echandelys qui a acquis les droite d’usage des sources et ceux de passage des conduites sur les terrains privés que ces conduites doivent emprunter. (...) En somme c’est une véritable entreprise privée des habitants d’Echandelys et dans ces conditions notre service n’a pas à examiner le projet. L’examen de la convention passée entre les divers intéressés (commune comprise) ne paraît pas non plus nous incomber. Nous croyons cependant utile d’appeler l’attention sur cet acte qui contient divers articles inacceptables, notamment les art. 11 et 12 ; il n’est pas admissible que l’eau nécessaire à la commune puisse être supprimée ni que les personnes qui viendraient édifier ultérieurement dans le village des immeubles puissent être privés d’eau. En outre il existe actuellement une fontaine ; elle est probablement communale, on ne voit pas pourquoi elle perdrait ce caractère.
Cette convention mêle habilement une vision archaïque du droit de l’eau, associé à un concept de propriété et de financement qui s’ils ne sont pas résolument modernes, préfigurent l’organisation des régies parfois déjà présentes dans les grandes villes.
Archaïque car d’après la loi du 5 avril 1884, les fontaines publiques d’une ville ou d’un village font partie du domaine public communal et sont par conséquent inaliénables, même s’il reste possible d’en affermer les eaux sur une période définie. Or, à aucun moment la municipalité d’Echandelys ne finance en temps que telle ne serait ce qu’une partie du projet à ce titre. Elle ne souscrit au projet qu’au titre de l’alimentation de la mairie école pour un débit de 6 litres à la minute.
Archaïque encore car l’achat de la source se fait selon une procédure notariée classique, comme tout bien immobilier, évocatrice du statut juridique antique des sources comme il a été rappelé plus haut, même si ces dispositions sont toujours en vigueur dans le code civil. Archaïque enfin en raison du financement exclusivement supporté par des souscripteurs, correspondant aux plus fortunés du bourg, en particulier le marquis des Roys.
Moderne enfin car si la municipalité ne gère en rien un quelconque « syndicat des eaux » , un arrêté municipal déterminera le prix des compteurs et, signe révélateur, l’élection de domicile de l’association se fait en mairie d’Echandelys. La municipalité a donc permis le financement à bon compte de l’eau non seulement courante, mais aussi des bornes-fontaines, fontaines et bouches à incendie qui auraient normalement dû être de son ressort exclusif, sans imposition extraordinaire ni souscription « officielle », imposition qui aurait du porter sur la totalité de la commune, contrastant avec les efforts isolés de chaque hameau pour la construction de son lavoir et son adduction d’eau potable.
Cette convention se dirige donc doucement vers un des modes de gestion habituellement encore usités qui se regroupent en deux modes distincts. La gestion indirecte comprend la gérance où l’ensemble de l’exploitation est confiée à un prestataire de service rémunéré (la collectivité fixe les tarifs et conserve le bénéfice), et la régie intéressée où l’exploitant est précisément intéressé aux résultats par un jeu de primes ou une participation aux bénéfices (système comprenant la concession (mise au point entre 1850 et 1880) où la société concessionnaire s’engage vis-à-vis de la commune à assurer la gestion uniquement du service des eau en se rémunérant en percevant des redevances sur les usagers, et l’affermage (qui est un type particulier de concession) pour lequel les frais d’infrastructure sont réglés par la commune.
Textes issus des l’Articles DE LA RIVIERE AU LAVE-LINGE OU HISTOIRE DES LAVOIRS des hameaux de la commune d’Echandelys XIXe - XXe siècles. et ET L’EAU FUT OU LA CONQUÊTE DE L’EAU COURANTE EN MILIEU RURAL Bourg d’Echandelys XXe siècle. par David LEJEUNE paru dans le n° Hors-Série n°42 des Chroniques Historiques du Livradois-Forez, 2007, éditées par le GRAHLF, rue du Chicot 63600 AMBERT, consultables à cette adresse.



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